CHS Bon-Sauveur à Caen - Antenne relais dans cheminéeAucune fumée ne sort de la cheminée de droite, sur les toits du CHS. Normal, à l’intérieur se trouve l’antenne relais.

L'installation d'une antenne relais de téléphonie mobile suscite l'inquiétude des syndicats du centre hospitalier spécialisé du Bon-Sauveur, qui critiquent tant la forme que le fond de cette décision.


La polémique

Le 25 novembre 2009, des membres du personnel du Centre hospitalier spécialisé (CHS) constatent que des travaux sont effectués sur les toits du pavillon Jamet. C'est le plus haut bâtiment de l'hôpital. « Renseignements pris, on a su qu'il s'agissait de l'installation d'une antenne relais de téléphonie mobile pour Orange, se souvient Bruno Lechaftois, secrétaire général de la CGT du CHS. Nous étions étonnés, car aucune instance n'avait discuté du sujet. »

Mais plus que l'étonnement, c'est l'inquiétude qui prédomine. « La toxicité des antennes relais est établie », poursuit-il, prenant comme preuve le rapport bio-initiative de 2007. Un argument que réfute Jean-Pierre Vivier, directeur de l'établissement : « Il n'y a aucune information qui nous laisserait penser qu'il y a un danger quelconque. Il n'y a que des appréciations subjectives. » Et il assure que « si la ville de Caen interdisait ces antennes, s'il y avait la moindre crainte fondée, si un texte précis existait dans ce sens, on demanderait aussitôt à la société Orange de la démonter ».

Ce n'est pas le cas. « Aucune loi n'interdit l'installation d'une antenne relais dans le périmètre d'un hôpital, explique Xavier Le Coutour, maire adjoint chargé de l'urbanisme. Il n'y a que des principes de précaution. » Ce qui permet à Jean-Pierre Vivier d'affirmer que « dans les conditions actuelles, l'installation est conforme aux normes en vigueur ». « La loi n'a pas toujours été en avance sur la réalité des choses », répond Michel Tanguy, de la CGT.

S'ils sont conscients que rien n'interdit cette installation, les membres du bureau de la CGT et de Sud estiment que « le jeu n'en vaut pas la chandelle ». En contrepartie, le CHS recevra une redevance annuelle de l'opérateur Orange, « pas faramineuse », admet Jean-Pierre Vivier. 8 970 € par an selon la CGT.

« C'est bien peu quand on compare cette somme au budget annuel du CHS, d'environ 65 millions d'euros. Pourquoi alors faire courir un risque au personnel et aux patients pour si peu ? », s'interroge Bruno Lechaftois. Même si, assure Xavier Le Coutour, « le plus dangereux n'est de toute façon pas pour ceux qui se trouvent en dessous de l'antenne, car la diffusion des ondes se fait horizontalement ». Mieux vaut donc a priori être dessous qu'à côté.

Florent HÉLAINE.

Journal Ouest-France du mercredi 10 mars 2010
Edition : Caen

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