La Ville va diminuer les subventions accordées jusqu'alors au Service d'action préventive, qui intervient dans les quartiers, notamment à La Guérinière.

La Ville a décidé de baisser les subventions du Service d'action préventive, qui intervient dans les quartiers de Caen pour installer des médiateurs. « Erreur grave », pour l'opposition.

« Supprimer l'action du Service d'action préventive pour la remplacer par des médiateurs, est une erreur et une faute. » Fâché, Xavier Le Coutour (opposition Citoyens à Caen-PRG) pour le premier point à l'ordre du jour du conseil municipal de rentrée, hier soir.

 

Raison du courroux ? La baisse de 40 000 € de la subvention de 158 000 € attribuée par la Ville au Service d'action préventive. Ce service, co-financé par le conseil général du Calvados et l'Association calvadosienne pour la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence (Acsea), avait des objectifs de prévention spécialisée dans les quartiers, notamment La Grâce-de-Dieu et La Guérinière.

« Ces objectifs ne sont pas atteints », rapporte Philippe Lailler, adjoint à la sécurité, pour justifier cette baisse. Un rapport d'expertise, que l'ancienne majorité avait commandé, pointe l'absence de résultats. « L'équipe de La Grâce-de-Dieu est en grande difficulté sur le terrain, décrit encore Philippe Lailler. Comme ses objectifs ne sont pas atteints, la Ville va plafonner sa subvention et mettre en place des médiateurs sociaux. »

« Cette situation n'était plus acceptable »

Une expérimentation de trois ans sera faite sur les deux quartiers avec cinq agents qui auront des missions de régulation et de déambulation, de prévention et de gestion des tensions, et de mesure du climat social.

« Le médiateur peut compléter mais en aucun cas ne peut remplacer le travail que faisait le SAP, s'insurge encore Xavier Le Coutour. Ce service a un travail ingrat, de long terme, peu visible et qui ne correspond sans doute pas à la réponse visible et sécuritaire que vous souhaitez. »

Marie-Jeanne Gobert (PCF) renchérit : « C'est un choix politique. J'aurais aimé savoir pourquoi le SAP ne remplit pas tous ses objectifs. » Gilles Déterville (PS), également conseiller général du quartier, rappelle que « la mission des agents du SAP n'est pas de dénoncer et de réprimer. De plus, cette baisse de subvention est unilatérale. »

Xavier Le Coutour reprend : « Quatre éducateurs du SAP suivent déjà 100 jeunes dans ces quartiers. Que va devenir ce travail ? Qui va aller voir les parents dépassés par l'absentéisme des enfants, ou les jeunes filles confrontées à la contraception ? » Philippe Lailler tente de rassurer : « Ce n'est pas un arrêt du travail fait par le SAP mais une diminution de leur subvention. »

Le maire, Joël Bruneau, conclut : « Nous soutenons tous les acteurs de la prévention de la délinquance. Mais cette situation n'était plus acceptable et nous prenons nos responsabilités en réallouant des moyens pour trois ans. »

 

Jean-Luc LOURY.

Journal Ouest-France du mardi 16 septembre 2014
Edition : Caen

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