Sonia de la Provôté, première adjointe en charge de l'urbanisme, de l'habitat et du renouvellement urbain. > Agrandir l'image

Qui sont nos adjoints ? Avec l'urbanisme, la première adjointe hérite d'un gros morceau. Pas de quoi faire peur à cette ambitieuse qui sait travailler beaucoup et veut prouver qu'une femme peut tout faire.

Portrait

25 décembre 1968. Naissance à Caen.

 

Mars 2011. Remporte le canton de Caen 3 face au sortant Jean Notari (PS).

5 avril 2014. 1re adjointe au maire de Caen en charge de l'urbanisme, de l'habitat et du renouvellement urbain.

Dans son nouveau bureau de maire adjointe, Sonia de la Provôté manque de place. « Il me faudrait une grande table où étaler les dossiers », sourit-elle. La première adjointe n'aime pas perdre de temps. Énergique tendance hyperactive, elle aime à dire que son objectif est de « faire en une heure ce que les autres font en trois ».

Le sourire est doux, facile. Sous le sérieux de circonstance, on sent la bonne nature, prompte à la rigolade et adepte des plaisirs de la vie. Mais le regard bleu profond dit aussi la détermination, voire la pugnacité. « Elle a un caractère bien trempé, témoigne Rodolphe Thomas, maire MoDem d'Hérouville, son complice à l'agglo et au conseil général. C'est une femme de convictions qui ne lâche pas grand-chose. »

« S'imposer dans un monde d'hommes »

Ce fort tempérament, Sonia de la Provôté l'assume. « La politique est encore un monde d'hommes où il faut savoir s'imposer. » Il lui est aussi utile dans son métier : médecin du travail, elle doit parfois trancher des situations sociales compliquées. Depuis la fin de la campagne, elle a mis son activité professionnelle entre parenthèses. Grosse bosseuse, elle jongle entre engagement politique, vie professionnelle, vie de famille. Avec un atout dans sa botte : « Je suis très organisée. » Avec quatre enfants âgés de 4 à 16 ans, on veut bien la croire.

Père dentiste et artiste peintre, mère prof de dessin, Sonia Juhel grandit à Caen. Collégienne à Pasteur, lycéenne à Malherbe avant des études de médecine. Elle étudie la pneumologie en lien avec les pathologies professionnelles, puis quitte la Normandie pour l'Est, où elle suit un DEA sur le cancer digestif et les pathologies liées à l'amiante. Et revient. Premier stage chez Moulinex, à Alençon, où elle étudie les troubles musculo-squelettiques sur une chaîne de montage de fers à repasser.

« 2008, un bizutage »

Elle entre au conseil municipal en 2001 : « À l'époque, il y avait peu de femmes. Je me souviens d'avoir choqué, une fois, parce que j'étais venue en jean... » Elle s'occupe de santé, de handicap, d'éducation et de petite enfance. Adhère à l'UDF.

Sonia de la Provôté vit difficilement la débâcle de la droite aux municipales de 2008 : « Un bizutage. » En 2011, elle crée la surprise. En pleine vague rose, elle rafle à Jean Notari (PS) son siège de conseiller général. Dès lors, l'abbaye aux Hommes devient un objectif. Si elle dit modestement avoir été « convaincue par son entourage », on sent qu'elle brûle de mettre son ambition et son énergie à l'épreuve.

La suite n'est pas une promenade de santé. Rapprocher Philippe Lailler et Joël Bruneau, encaisser les attaques de la gauche qui lui reproche un côté « girouette »... « Elle peut défendre des positions diamétralement opposées avec la même véhémence », regrette Xavier Le Coutour, son prédécesseur à l'urbanisme. Elle nie et réplique par « un certain pragmatisme ».

Au premier tour, celle que les Caennais appellent « Sonia » arrive derrière Joël Bruneau. Déçue ?« Ça a été très fugace. » Elle hérite de l'urbanisme : « C'est ce que je voulais, car ça n'est pas une délégation de femme. » Elle peut y développer ses propositions phares : faire vivre les places, réussir la réhabilitation de la Reconstruction et notamment de l'îlot Saint-Jean, l'aménagement de la Presqu'île... Il y a fort à faire. La priorité : le Chemin-Vert. « On fera avec nos moyens. »

Sonia la pressée a appris de son mentor, Jean-Marie Girault, ancien sénateur-maire de Caen, à prendre le temps, réfléchir. « Il faut une vision globale, les actions ponctuelles sont délétères. »

Dès qu'elle a un moment, elle dévore romans, essais, nouvelles, recueils de poèmes... Dans sa bibliothèque, Echenoz, Vian, Gogol, Italo Calvino mais aussi Fred Vargas ou Henning Mankell. Elle écrit aussi. « Mon père peignait matin, midi, soir, dès qu'il pouvait. Comme lui, je ne veux renoncer à rien. »

Aurélie LEMAÎTRE.

Journal Ouest-France du vendredi 9 mai 2014
Edition : Caen

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